Parvenir à produire de l’hydrogène décarboné à s’approchant des 2 euros le kilo apparaît nécessaire pour booster la mobilité H2. Les solutions proposées par H2Site sont de nature à coller à ce scénario.
« Aujourd’hui, le prix du kilo d’hydrogène décarboné est bien loin de 2 euros. On le trouve plutôt à 10, 12 et même 15 euros. Avant d’arriver dans le réservoir d’un véhicule H2, le gaz doit être comprimé, stocké, transporté, décomprimé. Toutes ces opérations alourdissent l’efficacité énergétique de l’hydrogène. C’est à cela que notre entreprise H2Site s’attaque », lance Andreas Galnares, directeur général de la startup.
Installée en Espagne, H2site est une entreprise née de la collaboration entre l’Université de technologie d’Eindhoven et le centre de recherche et de technologie Tecnalia. A travers son laboratoire Engie Lab Crigen, Engie a noué un partenariat de coopération en R&D avec les 2 établissements. L’entreprise française soutient également H2Site via un investissement stratégique réalisé par sa société de capital-risque Engie New Ventures.
Un réacteur à membrane au cœur du système
Globalement, la mission de H2Site est de développer de l’hydrogène renouvelable et local bon marché à destination de l’industrie et de la mobilité.
« Pour produire localement de l’hydrogène, nous nous appuyons sur 2 solutions. Tout d’abord exploiter des produits dans lesquels sont stockées naturellement des molécules d’hydrogène. Ainsi avec l’acide formique, le méthanol, l’ammoniac, etc. Ou profiter d’un point de consommation du réseau de transport du gaz naturel », présente Andreas Galnares.
« Dans tous les cas, c’est un réacteur à membrane qui va permettre la production en local de l’hydrogène. Cette membrane agit comme un filtre nanométrique ou nanomoléculaire. Elle exerce une attraction importante sur les molécules d’hydrogène. Dès que l’une d’elles arrive, la membrane l’absorbe. Nous obtenons ainsi un niveau de pureté de 99,99 % », assure-t-il.
Conditions de température et de pression
« Pour que les produits gazeux rencontrent la membrane, il faut un minimum de pression. Avec 20 bars en entrée, par exemple, l’hydrogène ressort à pression atmosphérique. Il est possible de présenter sans problème dans notre réacteur un gaz à 80 bars », expose Andreas Galnares.
« La température de fonctionnement varie dans une plage de 250 à 500° C selon le produit en entrée du système. Elle peut être obtenue de façon électrique, par un brûleur, ou en récupérant de la chaleur fatale d’un process industriel. La température idéale est par exemple de 250° C pour le méthanol, de 300° C pour l’Ammoniac, etc. », poursuit-il.
« Pour une bonne récupération des molécules d’hydrogène au niveau de la membrane, en plus de la température, nous jouons aussi sur un deuxième paramètre. Nous rajoutons des éléments de travail au niveau de la couche sélective afin de bénéficier du meilleur environnement catalytique », ajoute-t-il.
Les produits pour le transport de l’hydrogène
« Prenons l’exemple de l’ammoniac comme produit contenant de l’hydrogène. Ce fluide peut être transporté à pression atmosphérique et à une température ambiante. En utilisant notre réacteur à membrane, nous obtenons de l’hydrogène à la pureté nécessaire pour les piles à combustible avec un rendement de 97,5 %. Ce serait pareil avec du méthanol ou du DME », schématise-t-il.