Alors que le parc compte environ 17 600 véhicules, les chiffres communiqués par les autorités mesurent l'ampleur de l'objectif. Fin juin 2026, 2 185 véhicules de police coréens fonctionnaient à l'électricité ou à l'hydrogène, soit un peu plus d'un sur huit. Restent donc plus de 15 400 unités thermiques à remplacer sur les neuf prochaines années. Sur la base des données d'achat et de location de la période 2023-2025, la KNPA renouvelle en moyenne 1 908 véhicules chaque année.
Ce niveau tranche avec la réglementation en vigueur dans le pays. Depuis 2023, les administrations, collectivités et établissements publics coréens doivent théoriquement acquérir ou louer 100 % de véhicules zéro émission, un seuil rehaussé depuis les 80 % antérieurs. Que la police affiche un taux d'électrification aussi bas trois ans plus tard en dit long sur les dérogations dont bénéficient les flottes opérationnelles, mais aussi sur la difficulté à faire accepter le changement par les utilisateurs finaux.
Le texte prévoit d'ailleurs une exception explicite pour certains véhicules à usage spécial, sans en préciser le périmètre. Cars de maintien de l'ordre, véhicules blindés, unités techniques : la liste conditionnera la portée réelle de la transformation annoncée.
À Gangnam, un premier commissariat 100 % électrique
Dans le cadre du programme, le gouvernement engagera une première expérimentation pilote au commissariat de Gangnam où 22 véhicules thermiques seront remplacés par des modèles électriques à batterie. Côté infrastructure, neuf bornes rapides de 200 kW seront installées sur six sites, avec deux points de charge à Yeoksam, Nonhyeon et Cheongdam, et un à Samseong A, Samseong B et Sinsa.Aucun véhicule à pile à combustible ne figure dans ce premier lot, et aucune station de ravitaillement hydrogène n'accompagne le dispositif. Le plan gouvernemental associe pourtant les deux technologies dans son intitulé.
La répartition entre les deux technologies se jouera vraisemblablement sur les usages périurbains et autoroutiers, là où les temps de recharge pèsent sur la disponibilité opérationnelle. Le nouveau Hyundai Nexo, avec ses réservoirs de 6,69 kg et une autonomie homologuée à 720 km sur le cycle coréen, correspond au cahier des charges d'une voiture de patrouille amenée à enchaîner les vacations sans immobilisation prolongée.
Le contexte commercial joue en faveur de cette hypothèse. La Corée du Sud a repris au premier semestre 2026 sa place de premier marché mondial du véhicule à hydrogène, portée par le succès du Nexo de seconde génération. Une commande publique récurrente offrirait à Hyundai un volume complémentaire.
Reste la question de l'infrastructure, récurrente dans le pays. Les épisodes de fermeture massive de stations liés à des ruptures d'approvisionnement ont marqué les usagers coréens. Une flotte de police ne peut pas se permettre d'envoyer ses équipages chercher un plein à trente kilomètres. Sans garantie de disponibilité contractualisée, les acheteurs publics se rabattront mécaniquement sur la batterie.

