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L'hydrogène au programme de Deutz

L'hydrogène au programme de Deutz
Même s’il a fermé un jour plus tôt en raison du Covid-19, le salon Conexpo a permis au constructeur allemand d’engins de rappeler au milieu du mois de mars que l’hydrogène, en alimentation d’un moteur thermique, est toujours d’actualité dans son offre de motorisation.

Option au configurateur

Diesel, GNV, hybride, électrique à batterie, hydrogène dans un moteur thermique : la palette des énergies en alimentation des motorisations est particulièrement large chez Deutz. Elle est l’un des 4 critères de choix du configurateur avancé proposé par le constructeur. Avec lui : le type d’engin (chariot télescopique, tractopelle, bulldozer, mini excavatrice, etc.), la puissance développé par le bloc (<37 kW, 38-56 kW, 57-75 kW), et la norme d’émission auquel il doit répondre (Stage 2, Stage 3A, Stage 5, Zero émission). Cette « boîte à outils » permet de choisir les éléments modulables qui vont composer le groupe motopropulseur. En clair, sous une même apparence structurelle, il est possible de trouver sur un modèle de véhicule Deutz des motorisations très différentes.

Hydrogène thermique

Puisque Deutz propose des solutions avec des groupes motopropulseurs électriques à batterie de traction, on s’attendrait à ce que son offre H2 en soit une déclinaison avec pile à combustible. Eh bien non ! C’est avec un moteur thermique que l’hydrogène est exploité, à l’image de ce que BMW proposait entre 2006 et 2009 pour sa volumineuse berline Hydrogen 7.

« Lorsque nous relevons le défi de rendre les solutions d’entraînement durables pour l’avenir, nous gardons toujours l’esprit ouvert à toutes les technologies. Notre approche s’appuie sur des combinaisons intelligentes d’entraînements électriques et de moteurs à combustion interne qui offrent le potentiel d’être exploités de manière neutre en carbone en utilisant des carburants durables », plaide Frank Hiller, président du conseil d’administration de Deutz AG.

7.8 H2

Le moteur 6 cylindres développé avec la startup munichoise Keyou en est cependant toujours à l’état de prototype, 2 ans après sa première présentation à l’édition 2018 du salon des machines, de la construction et de l’équipement minier (Bauma, Shanghai, Chine). Mais la feuille de route ne semble pas avoir pris de retard. Ce premier semestre 2020, le bloc d’une cylindrée de 7,8 litres devrait intégrer de premiers engins, dont des bus et tracteurs routiers, dans le cadre de projets pilotes menés en partenariat avec des constructeurs en automobiles et des utilisateurs finaux. Et ce, avec l’objectif de lancer une production en série en 2021 ou courant 2022 au plus tard.

Fabriqué chez Deutz

« Notre nouvelle technologie de moteur à combustion H2 Keyou-inside est non seulement économique, robuste et puissante, mais aussi parfaitement adaptée pour transformer les moteurs diesel conventionnels Deutz grâce à son haut degré d’évolutivité », commente Alvaro Sousa, directeur technique et cofondateur de Keyou après une longue carrière chez BMW.

Les blocs H2 seront assemblés sur les lignes de production et les infrastructures existantes de Deutz. Un scénario facilité par la grande proximité de ces moteurs avec leurs équivalents diesel. A noter que le prototype à hydrogène Deutz de 7,8 litres développé avec Keyou est le premier exemplaire au monde à se conformer à l’actuelle législation de l’Union européenne concernant les moteurs à combustion interne à émissions nulles.

Déclinable à tous les engins

Basé à Cologne (Allemagne), Deutz est connu comme motoriste avec une très large gamme de blocs jusqu’à une puissance de 620 kW.

Ces moteurs sont utilisés, entre autres, dans la construction et les machines agricoles, les applications de manutention, les systèmes stationnaires, les poids lourds et les véhicules ferroviaires. La rencontre avec Keyou était quasi inévitable : la startup a développer un savoir-faire et des technologies qui lui permettraient de pouvoir convertir à une alimentation hydrogène les moteurs thermiques conventionnels. La jeune entreprise regarde aussi du côté des navires commerciaux.