Passé de Total à Totalenergies pour mieux marquer son positionnement multi-énergies, le groupe tricolore a détaillé ses ambitions dans l’hydrogène à l’occasion des rendez-vous de l’innovation organisés par l’Ifpen.
« L’hydrogène s’inscrit totalement dans la stratégie de TotalEnergies », a lancé Adamo Screnci, vice-président Hydrogène pour le pétrolier énergéticien. « Nous sommes agnostiques sur les technologies : les bleus, les verts, les jaunes ne s’opposent pas mais se complètent pour atteindre les objectifs de décarbonation », a-t-il assuré.
C’est pourquoi TotalEnergies s’intéresse aussi de près à la
production d’hydrogène avec captage du CO2. Le coût de production de l’
hydrogène bleu est identique à celui de l’H2 gris : 1 euro le kilo. Sauf qu’il faut lui ajouter le coût du captage qui est très variable, compris « entre 50 et 250 euros la tonne ».
Concernant l’hydrogène vert, «
c’est l’électricité qui fixe le prix », a mis en avant Adamo Screnci. Pour en produire 1 kilo, il faut 50 kWh d’électricité. L’opération sera plus ou moins coûteuse selon la taille de l’installation. «
Plus un électrolyseur est grand, moins c’est cher », a souligné Adamo Screnci. évoquant les réticences de certains interlocuteurs à s’intéresser aux projets inférieurs à 100 MW. Le prix moyen du kilo d’
hydrogène vert tourne entre 5 et 6 euros, «
et même moins dans certains pays ». La parité avec l’
hydrogène gris est aussi suspendue à l’évolution de la taxe CO2. Le cadre de TotalEnergies a rappelé que dans certaines régions, la disponibilité des énergies renouvelables et du foncier constituent des freins importants.
Alors que de nombreux projets, y compris celui de la
Zero Emission Valley, s’attachent à une consommation de l’hydrogène vert localement, Adamo Screnci milite au contraire pour une exploitation délocalisée et un transport à grande distance.
«
Aujourd’hui, 99,5 % de l’hydrogène est consommé là où il est produit. Pourtant le transport du gaz coûte beaucoup moins cher que de transporter de l’électricité », a-t-il comparé. «
C’est bien de faire du local, mais l’interconnexion des infrastructures est importante », a-t-il plaidé, avec un dimensionnement européen, et même mondial dans un deuxième temps.
Pour cela, il envisage le développement de hubs, notamment dans les ports et clusters industriels, «
comme on en a pour le gaz et les produits chimiques ». Le vice-président Hydrogène de TotalEnergies attend du gouvernement un
« coup de pouce pour démarrer la machine », appelant à la mise en place de «
mécanismes clairs et transparents sur les incitations et pénalités » qui permettront de développer les usages.