Ce n’est pas nouveau : différentes voix invitent à considérer, au même niveau que le renouvelable (vert), l’hydrogène produit avec le nucléaire (rose), ou avec du gaz naturel en piégeant le carbone (bleu). Cette tendance semble gagner du terrain au Conseil de l’Union européenne. Au point de provoquer une mise en garde de la part de la coalition pour l’hydrogène renouvelable.
Sous l’impulsion de l’actuelle présidence tchèque, le Conseil de l’Union européenne est sollicité pour assimiler l’hydrogène bas-carbone à l’hydrogène renouvelable, en particulier pour des applications dans l’industrie et les transports. La directive révisée sur les énergies renouvelables (RED3) soutient le développement de l’hydrogène décarboné réduit à la couleur verte. Il s’agirait d’inclure le rose et le bleu aux carburants renouvelables d’origine non biologique (RFNBO).
Selon la proposition formulée le 23 novembre dernier, un article 8a pourrait être ajouté à la directive Hydrogène et Gaz permettant aux Etats membres de comptabiliser éventuellement « l’hydrogène bas-carbone et les carburants bas-carbone dans les objectifs de décarbonation ». Ce qui pourrait également avoir des conséquences sur les règlements touchant aux carburants durables dans l’aviation (Refuel EU Aviation) et le transport maritime (FuelEUMaritime).
Une position dénoncée
La coalition pour l’hydrogène renouvelable
dénonce cette position, affirmant qu’elle est soutenue «
par quelques Etats membres comme la France, la Roumanie et la Pologne, soucieux de voir l’hydrogène bas-carbone trouver à tout prix sa place dans la législation européenne ». C’est bien le cas pour la filière française.