Essai Peugeot e-Expert hydrogène : performant, convaincant mais hors de prix !

Essai Peugeot e-Expert hydrogène : performant, convaincant mais hors de prix !
Les trois fourgons moyens Stellantis sont les premiers utilitaires de série fonctionnant à l’hydrogène commercialisés en France. Premier essai plutôt convaincant au volant du Peugeot e-Expert Hydrogen.
 
C’est Stellantis qui ouvre le bal ! Les premiers utilitaires de série à hydrogène viennent de prendre la route. La triplette hydrogénée est composée du Citroën ë-Jumpy Hydrogen, de l’Opel Vivaro-e Hydrogen et du Peugeot e-Expert Hydrogen. Mais ne pensez pas que ce sont de nouveaux véhicules. Leur nom le prouve : il s’agit de véhicules électriques, comme l’indique le petit « e » accolé à leur nom, mais « carburant » à l’hydrogène.

Pour produire l’électricité, Stellantis a fait le choix d’un système associant batterie haute tension rechargeable et pile à combustible, celle de Symbio en l’occurrence. Dans le détail, les trois réservoirs en fibre de carbone à 700 bars de pression sont installés sous le plancher arrière dans un cadre de protection en titane. L’ensemble pèse environ 300 kilos, soit à peu près le poids des batteries de la version électrique classique. Les réservoirs contiennent 4,4 kilos d’hydrogène, apportant 350 kilomètres d’autonomie. Ce système hybride comprend également une batterie haute tension d’une capacité de 10,5 kWh, apportant une autonomie de 50 kilomètres supplémentaires.



Lors des démarrages et à basse vitesse, seule la batterie alimente le moteur électrique. A vitesse stabilisée, seule la pile à combustible fournit de l’énergie au moteur. Lors des fortes accélérations, en côte par exemple, la pile à combustible et la batterie font ensemble tourner le moteur. Enfin, en décélération ou au freinage, le moteur recharge la batterie. En cas de panne d’hydrogène, c’est cette batterie qui reprend le relais. Elle est aussi rechargeable sur le secteur ou une borne.

Le mid-power Stellantis combine donc deux sources d’énergie pour alimenter le moteur. C’est cette hybridation qui le distingue puisque sur le très prochain Master Renault-Hyvia, la pile à combustible alimente les batteries et agit comme un prolongateur d’autonomie.
 

Le plein d’avantages

Les avantages de ces utilitaires à hydrogène sont nombreux. L’autonomie bien sûr : 400 kilomètres, c’est bien et suffisant pour la plupart des usages professionnels. Il y a aussi la simplicité : faire le plein est facile et rapide. Lors de cet essai en Allemagne, il nous a fallu moins de cinq minutes pour faire le plein dans une station-service comme les autres disposant d’une borne hydrogène. Il faut juste s’habituer aux chiffres : l’hydrogène se mesure en kilos et le prix surprend : 12,85 € le kilo, ici en Allemagne. Sachant que la consommation est d’environ 1 kilo aux 100 km, soir 12 ou13 euros les 100 kilomètres, cela s’avère finalement raisonnable. Encore faut-il avoir une station à portée de main. En France, il n’existe pour le moment qu’une trentaine de stations publiques où recharger.

Les autres atouts de ces véhicules tiennent à ce qu’ils sont totalement électriques. Ils sont silencieux, simples à conduire et ont accès à toutes les zones de circulation restreinte. Ils restent aussi de vrais utilitaires. Comme pour les versions thermiques ou électriques, les Stellantis Hydrogen sont proposés en deux longueurs, L1 à 4,95 m et L2 à 5,30 m et les capacités utilitaires sont conservées. Le volume utile est de 5,3 m³ pour le L1 et d’un peu plus de 6 m³ pour le L2. La charge utile est de 1000 kilos pour les deux versions et le poids tractable est de 1 tonne. Une différence cependant : à cause de l’implantation des bonbonnes sous le plancher, ces fourgons moyens sont plus hauts que leurs homologues électriques, de 4 centimètres pour être précis. Ils dépassent le 1,90 mètre et ne peuvent plus accéder aux parkings souterrains.


 

Comme un électrique

Prendre le volant d’un Peugeot e-Expert Hydrogen, c’est conduire un e-Expert électrique. Il est équipé du même moteur de 100 kW délivrant 260 Nm de couple. Trois modes de conduite sont pareillement proposés, Eco, Normal et Power.

A bord, constat identique : la planche de bord est la même, comme l’instrumentation. S’agissant des équipements, il est proposé avec un seul niveau de finition, comprenant notamment un chargeur embarqué triphasé 11 kW. Sur la route, le comportement routier, typique des électriques, est de haut niveau, stable, silencieux, efficace. Un petit bémol cependant : le confort général est tout de même perturbé par un sifflement permanent, que l’on ne retrouve pas sur la version électrique pure.




 

Bien mais très cher

Uniquement commercialisés en France et en Allemagne, les utilitaires à Stellantis sont une possible vraie solution d’avenir car ils permettent de s’affranchir des deux contraintes principales de l’électrique batterie que sont l’autonomie et le temps de recharge.

Mais il y a quand même un hic majeur : le prix. 116 000 € HT, c’est tout de même exorbitant, même s’il s’agit du prix brut, hors aides de l’État et de ses organismes, des régions, des départements et des villes. Pour autant, il nous semble bien que l’avenir des déplacements professionnels passera par l’hydrogène. Les véhicules utilitaires sont en tous cas prêts à cette conversion.

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