Leader du transport fluvial en France, Sogestran lutte contre la pollution carbone et atmosphérique de ce mode. L’armement havrais testera le premier bateau à hydrogène sur la Seine d’ici à la fin de l’année. L’aboutissement d’un long travail pour obtenir les autorisations et homologations nécessaires.
En février, le premier navire à hydrogène du programme européen Flagships a largué ses amarres à Rotterdam, aux Pays-Bas. Baptisé H2 Barge, ce porte-conteneurs fluvial est équipé de six piles à combustible Ballard Power Systems délivrant une puissance de 1,2 MW. Ce premier « démonstrateur » est exploité par l’armateur néerlandais Future Proof Shipping sur le Rhin, entre le port batave et Duisbourg, en Allemagne.
Exploité par Future Proof Shipping, le porte-conteneurs H2 Barge a été financé par les programmes européens Clean Hydrogen Partnership (projet Flagships) et Interreg (projet ZEM Ports NS), ainsi que par l’Agence néerlandaise pour les entreprises (RVO) - Source : FPS
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Preuve que le transport fluvial de marchandises, sans émissions de CO2 et de polluants atmosphériques, est possible. Le H2 Barge démontre la viabilité d’un transport fluvial zéro émission avec piles à combustible », affirme Louis-Marie Rouxel. Pour le directeur technique de l’armement français Sogestran, la mise en service du H2 Barge est «
une étape décisive dans la création d’un corpus réglementaire consacré à la navigation fluviale hydrogène. Plus il y aura des projets qui arriveront à maturité, plus vite sera comblé le vide réglementaire et normatif actuel sur l’hydrogène fluvial ».
Une difficulté bien connue par Sogestran, porteur du deuxième démonstrateur du programme Flagships démarré en… 2019. Depuis, il a connu de nombreuses évolutions. L’une d’elles est intervenue en septembre 2023. La Commission centrale pour la navigation du Rhin, qui a autorité pour définir les règles de navigation fluviale en Europe, a validé le projet hydrogène de Sogestran.
Motorisation hydrogène-diesel-électrique
Tant et si bien que le Zulu 6, nom du bateau développé par Sogestran, pourrait débuter ses tests de navigation d’ici à la fin de l’année. Dans l’immédiat, l’automoteur est à quai au Havre. Depuis avril 2022, il attend de recevoir ses équipements à hydrogène. Pensé pour la logistique et la distribution urbaines, il s’agit d’une barge-ponton motorisée. Autodéchargeante, grâce à sa grue embarquée, elle peut emporter jusqu’à 400 tonnes de marchandises.