Les formes liquides ou en gaz comprimé ne sont pas les seules possibilités pour stocker l’hydrogène. Mincatec Energy a fait le choix d’une solution basse pression en emprisonnant les molécules hydrogène dans de la poudre de métal. Ce scénario convient parfaitement à la mobilité durable et à la gestion énergétique d’une maison, d’un bâtiment et à plus grande échelle encore. Directeur de l’entreprise, Emmanuel Bouteleux nous détaille le procédé et ses perspectives.
Née en 2013, la société Mincatec a confié la partie recherche et développement à sa filiale Mincatec Energy fondée en 2020. Cette dernière s’active à faire émerger son modèle de stockage de la molécule H2.
« Sous des conditions de pression et de température, l’hydrogène est absorbé dans des fragments métalliques de 0 à 3 mm lors d’une réaction exothermique, c’est-à-dire avec une production de chaleur », expose Emmanuel Bouteleux.
« Un peu comme une éponge absorbe l’eau, les molécules H2 entrent dans les interstices du matériau et se retrouvent sous forme solide cristalline. Il reste juste un petit volume mort en gaz. L’hydrogène est injecté à une pression comprise entre 30 et 50 bars dans le réservoir. Pour cette opération, la température dans ce dernier est idéalement à 30° C », poursuit-il.
« A l’inverse, la désorption s’effectue dans une réaction endothermique. La pile à combustible commence à recevoir l’hydrogène en raison d’une pression plus élevée dans le réservoir. Puis on réchauffe ce dernier dans un second temps », indique-t-il.
Directeur de Mincatec Energy, Emmanuel Bouteleux mise sur l'hydrogène en poudre.
Echangeur thermique
« Avec les autres systèmes, tous les éléments du groupe motopropulseur ne produisent que du chaud. Dans le nôtre, le réservoir joue le rôle d’un échangeur thermique. On récupère par exemple la chaleur de la PAC pour faciliter la désorption. Il y a cogénération avec la pile », schématise Emmanuel Bouteleux.
« Le carter du réservoir est en aluminium. C’est d’abord une question de légèreté, mais aussi pour le transfert thermique. On a une circulation tout autour du cylindre pour le réchauffer ou le refroidir », précise-t-il.
« Cette cogénération permet de revoir le dimensionnement de la ventilation et du radiateur d’un véhicule à hydrogène. Ce qui permet de jouer avec le style de la carrosserie, d’en diminuer le SCX, pour davantage d’efficience », annonce notre interlocuteur.