Comment l'Occitanie prépare la révolution hydrogène

Comment l'Occitanie prépare la révolution hydrogène
La région Occitanie se présente comme pionnière et particulièrement dynamique en matière de mobilité à hydrogène. Sa toute récente conférence avait pour objet d’embarquer avec elle de nouvelles entreprises localisées sur le territoire.
 
A destination des acteurs locaux du transport et de la logistique, la région Occitanie, la chambre de commerce et de l’industrie, et l’Ademe proposaient ce lundi 31 janvier 2021 un webinaire sur la mobilité hydrogène.
 
Chargée de la coordination de la stratégie et des financements, Charlyne Ribeyrolles a rappelé l’implication depuis 2016 du territoire pour le développement de cette énergie. A l’époque, il s’agissait de réaliser une étude stratégique pour constituer une filière. Après la mise à disposition de l’outil d’animation HyDéO en 2018, le territoire a lancé l’année suivante son plan régional pour l'hydrogène vert.
 
Sur la période 2019-2030, 150 millions d’euros vont être progressivement débloqués afin de soutenir les projets de production, stockage, et distribution de l’hydrogène de sources renouvelables. Mais aussi les usages finaux, les écosystèmes territoriaux, la formation nécessaire à l’évolution des compétences. L’ambition de l’Occitanie n’est pas des moindres : elle espère se positionner comme une région leader, à l’échelle européenne, dans le domaine.
 

L’hydrogène en Occitanie d’ici 2030

D’ici 2030, le plan hydrogène vert de l’Occitanie devrait avoir accouché de 3 rames de trains Régiolis H2 en service sur la ligne Montréjeau-Luchon et de 3 000 autres véhicules fonctionnant avec cette énergie alternative.
 
Pour les alimenter : 55 stations d’avitaillement qui se répartiraient sur tout le territoire au gré des projets soutenus. A ce jour, 3 sont déjà en service, toutes sur le corridor franco-espagnol H2PiyR : Braley Rodez (12) et Eveer’Hy’Pôle Albi (81) sont ouvertes aux utilitaires, et H2 Impulsion de Rieux-de-Pelleport (09) est rattachée à une flotte de 10 vélos. S’y ajoute l’unité de production d’hydrogène à partir de biogaz obtenu de déchets, située à Labessière-Candeil (81).
 
Prochainement sera mise en service le centrale de production de HyPort Toulouse Langlade (31) réservée à une flotte de 7 bus à hydrogène. Les écosystèmes aéroportuaires de mobilité à hydrogène HyPort Toulouse Blagnac (31) et HyPort Tarbes (65) sont en cours de déploiement. Suite au changement de cap par la métropole de Montpellier (34) sur cette énergie, peut-être faudra-t-il oublier l’unité de production Horizon Hydrogen. Mais pas celle de Port-la-Nouvelle (11) qui devrait permette de distribuer de façon massive de l’hydrogène dans un écosystème portuaire.
 
Il reste enfin les 2 projets HydrOmer et HyBarge, respectivement consacrés à la construction d’une drague hybride H2 et d’une barge fluviale qui sillonnera le canal des deux mers.


 

Corridor H2 Occitanie

Le Corridor H2 Occitanie est également à intégrer dans le plan hydrogène vert régional.
 
Si différents dispositifs d’aide coexistent (Etude de faisabilité de projet EnR, AAP Ecosystème territoriaux H2, Dispositif d’accompagnement à l’acquisition de véhicules professionnels hydrogène), ce projet vise à développer la mobilité lourde à hydrogène.
 
Doté d’une enveloppe de 110 millions d’euros jusqu’en 2023, il s’intègre à un programme de dimension européenne. Le tracé complet du Corridor H2 s’étendra ainsi de la Méditerranée jusqu’à la Mer du Nord. En Occitanie, il prend en compte des axes autoroutiers secondaires - A61 et A20 notamment.
 
Comme l’a indiqué lors de la conférence Charlyne Ribeyrolles, ce projet va permettre de financer 40 camions, 62 unités frigorifiques et 15 autocars fonctionnant à l’hydrogène. S’y ajoutent 7 stations capables de délivrer chacune de 600 à 1 200 kg d’hydrogène par jour, et 2 sites d’électrolyse d’une capacité quotidienne cumulée de 6 tonnes. Le prix du kilo d’hydrogène serait à 9 euros en 2023, pour descendre à 7 euros à horizon 2027.


 

Des aides régionales dédiées aux véhicules hydrogène

Au niveau national, l’acquisition d’un camion fonctionnant à l’hydrogène est facilitée par un suramortissement fiscal et un bonus écologique allant jusqu’à 50 000 euros.
 
Dans le cadre du programme Corridor H2 Occitanie, la région a décidé de compléter ces dispositifs pour s’équiper d’un poids lourd ou d’un système de production du froid nécessaire au transport de marchandises réfrigérées. A condition que l’hydrogène soit leur source de fonctionnement.
 
En plus d’un accompagnement par des organismes spécialisés, un système de subventions a été mis en place. Elles s’appliquent sur le surcoût d’investissement des dépenses éligibles par rapport aux modèles fonctionnant au gazole, avec un taux de 60, 50 ou 40 % respectivement pour les petites, moyennes et grandes entreprises.
 
Afin de rendre plus palpables ces mesures, les organisateurs ont consacré plusieurs volets de leur webinaire aux constructeurs. Trois présentaient leurs travaux au sujet des remorques frigorifiques : Bosch, Carrier et Chéreau. Deux autres se positionnaient plutôt sur le créneau des autobus et autocars. Il s’agit de Safra localisé à Albi, et du CRMT. Nous les retrouverons dans de prochains articles complémentaires à celui-ci.


 

Une filière génératrice d’emplois

Animateur de la filière hydrogène pour l’agence Ad’Occ responsable de l’outil HyDéO, Benjamin Fevre a souligné que l’orientation prise par la région vers la mobilité hydrogène est pourvoyeuse d’emplois.
 
Au total, ce sont 80 structures du territoire qui sont impliquées et positivement impactées par ce choix. Elles se répartissent en 4 groupes :
  • 20 entreprises représentent la filière industrielle en produisant des composants, des briques technologiques, et des systèmes H2. Parmi elles, pour exemple : Actia, Liebherr, Bosch, Alstom, Safra, Safran, Enosis, Delair, etc.
  • 18 sociétés sont engagées dans des projets de production d’hydrogène. Ainsi Air Liquide, Groupe Vinci, Hynamics, Bouygues énergies et services, Braley, Engie Solutions, HyPort, Arkolia, etc.
  • 22 laboratoires qui portent des travaux sur l’hydrogène et ses technologies,
  • 20 structures de services et supports.
 
 

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