Conseil National de l'Hydrogène : que retenir de la réunion du 30 septembre ?

Conseil National de l'Hydrogène : que retenir de la réunion du 30 septembre ?
Ce jeudi 30 septembre, Bruno Le Maire réunissait à Bercy les membres du Conseil Nationale de l’Hydrogène. L’occasion d’un nouveau point sur les avancées du plan stratégique de la filière.

Fondé en septembre 2020, au lendemain de la présentation de la stratégie nationale hydrogène, le Conseil National de l’Hydrogène (CNH) se réunit régulièrement pour dresser un bilan de l’exécution des différents projets.

« Il faut aller vite parce que les bascules technologiques se font rapidement et la France, très souvent, a été trop lente » a averti Bruno Le Maire lors d’une nouvelle réunion organisée ce jeudi 30 septembre à Bercy.

Près de 2 milliards investis d’ici la fin de l’année

Les finances étaient évidemment au programme de cette nouvelle réunion du conseil national de l’hydrogène. Constatant une « forte dynamique industrielle », le CNH et les services de l’Etat estiment que près de 2 milliards d’euros de subventions seront engagés ou en passe de l’être d’ici la fin de l’année. Une somme colossale qui permettra de soutenir une centaine de projets.

Depuis le début de l’année, 286 millions d’euros correspondant à un investissement total de 952 millions d’euros ont déjà été investis. Une somme répartie de la façon suivante :
  • 51 millions d’euros ont été attribués à 42 projets de R&D et d’intégration de technologies hydrogène dans le cadre des appels à projet filière du plan France Relance
  • 132 millions d’euros d’aides du Programme des Investissements d’Avenir ont été accordés pour des travaux de R&D relatifs aux avions à hydrogène dans le cadre du CORAC2 et pour aider 4 régions (Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes, Grand-Est) à acquérir 14 trains hydrogène, qui circuleront pour des essais fin 2023. Au cumul, l’investissement atteint 440 millions d’euros.
  • 55 millions d’euros, dans le cadre des programmes et équipements prioritaires de recherche, seront engagés sous peu, en faveur des laboratoires et organismes de recherche.
  • 48 millions d’euros dans le cadre des appels à projets ADEME en faveur de l’innovation, des démonstrateurs et des écosystèmes, dans 10 projets représentant 255 millions d’euros d’investissement.
Du côté des IPCEI (Projet Important d’Intérêt Européen Commun), qui nécessitent une validation par l’Europe, l’Etat indique que 15 projets d’envergure français ont été déjà pré notifiés à la Commission début septembre. Représentant un potentiel d’investissement de près de 6 milliards d’euros, ces 15 projets portent notamment sur des gigafactories d’électrolyseurs, la décarbonation de l’industrie et la production d’équipements pour la mobilité (piles à combustible, réservoirs, matériaux...).

L’objectif de 6.5 GW d’électrolyseurs jugé réalisable

Selon les études menées par France Hydrogène, le Comité stratégique de filière Nouveau Système énergétique et le CNH, l’objectif initial de 6,5 GW d’électrolyseurs d’ici à 2030 devrait être réalisable. « Le soutien apporté par l’Etat et les collectivités, au travers notamment de l’IPCEI, sera déterminant » note toutefois Bercy.

A l’échelle du territoire, le développement de l’hydrogène se concentrera dans un premier temps dans 7 bassins industriels majeurs.


L’enjeu de la réglementation

En matière de réglementation, l’objectif est d’identifier en amont les différentes barrières susceptibles de ralentir le développement de la filière.

Une première réunion a été organisée en ce sens le 28 mai dernier. France Hydrogène, en collaboration avec l’ensemble des fédérations professionnelles, a déjà recensé les problématiques. Celles-ci ont été regroupées dans 8 thématiques : la production, le stockage, les réseaux, le transport, la distribution, les véhicules, la fiscalité, les marchés publics. Chacune des thématiques donnera lieu à un ou plusieurs groupes de travail spécifiques.
La prochaine réunion du CNH permettra de faire le point sur l’avancée de ces travaux, mais également d’aborder les questions relatives à la normalisation ou à la formation.