Si elle ne fait pas partie des pionniers européens du train à hydrogène, la SNCF a bel et bien amorcé ses réflexions sur le sujet. En partenariat avec Alstom et plusieurs régions, elle compte mettre en service sa première rame dès 2022. Un programme détaillé lors des journées de l'hydrogène dans les territoires organisées début juillet à Marseille.
Configuration bi-mode
Si l’
Allemagne a fait le choix de trains 100 % hydrogène, la SNCF défend un positionnement différent qu’elle justifie essentiellement par la configuration des infrastructures ferroviaires françaises. «
On reste sur un réseau très électrifié et il serait dommage de s’en priver » rappelle Vincent Delcourt, Directeur des projets énergies nouvelles au sein de la SNCF. «
L’idée que nous avons avec Alstom, c’est d’avoir un train bi-mode. Il sera électrique et passera à l’hydrogène sur les zones non électrifiées » poursuit-il.
Plus puissant, plus gros et doté d’une plus grande capacité d’emport que celui déployé en Allemagne, le
train à hydrogène que préparent la SNCF et Alstom devra relever deux principaux défis. Il y a en premier lieu la question de la puissance que les piles à combustible seront en capacité de fournir. «
On a certaines lignes en France où on a besoin de puissance » justifie Vincent Delcourt.
Le second point, c’est l’autonomie ! «
Avec le diesel, nous avions quelque chose d’assez confortable puisque nous pouvions faire à peu près 2000 kilomètres. Avec les 180 kilos d’hydrogène que nous allons embarquer, nous aurons une autonomie qui tournera plutôt aux alentours de 400 kilomètres » chiffre le représentant de la SNCF. «
Ces questions de puissance et d’autonomie, c’est aussi un changement de paradigme quant aux conditions d‘exploitation. On doit repenser nos roulements au regard de la puissance et de l’autonomie disponibles sur ces nouveaux matériels » poursuit-il.
Un potentiel de 1300 machines à convertir
« Aujourd’hui, on reste en France dans un pays ou le réseau ferroviaire est largement électrifié » rappelle le représentant de la SNCF. «
80 % de nos trains sont électriques et on a encore à peu près 20 % de notre trafic – principalement sur les lignes régionales – qui est assuré par du matériel thermique » chiffre-t-il, estimant à environ 1300 le nombre de trains alimentés à l’énergie fossile
. « Ils ne sont généralement pas purement thermique mais bi-modes électrique et thermique » précise-t-il, annonçant l’ambition de la SCNF d’avoir renouvelé ce parc thermique de « façon massive » à l’horizon 2028 – 2030.