Bill Gates soutient un nouveau procédé d'hydrogène vert low-cost

Bill Gates soutient un nouveau procédé d'hydrogène vert low-cost
Breakthrough Energy Ventures (BEV), un des fonds d’investissement de Bill Gates vient de réunir 18,5 millions d’euros pour financer le développement d’une nouvelle technologie de production d’hydrogène vert, le séparateur d’eau. Mise au point par la société israélienne H2Pro, elle devrait permettre de fabriquer de l’hydrogène vert à moins d’un euro par kilogramme.
 
« L'hydrogène est un élément important  pour atteindre la neutralité climatique. Il est déjà largement utilisé et est appelé à jouer un rôle encore plus important à l'avenir. Malheureusement, il est aujourd'hui produit à partir de combustibles fossiles, ce qui entraîne de grandes quantités d'émissions de CO2. Or, nous savons depuis plus de deux cents ans comment séparer l'eau avec de l'électricité par électrolyse. En nous appuyant sur cette expertise, nous avons créé une technologie, avec une efficacité de 95 % et un investissement inférieur, qui peut accélérer considérablement l'adoption générale de l'hydrogène vert » a déclaré Talmon Marco, PDG de H2Pro. La démonstration a du être concluante puisque Bill Gates, fondateur de Microsoft, a décidé de donner à H2PRo les moyens d’un développement rapide.
 
On peut d’autant plus accorder de crédit aux perspectives apportées par cette nouvelle technologie que Bill Gates, qui n’est pas homme à s’enthousiasmer pour rien (voir ses récentes déclarations sur le Bitcoin), a su convaincre le conseil de Breakthrough Energy Ventures, véritable who's who des milliardaires du monde entier - notamment Jeff Bezos, Richard Branson, Michael Bloomberg et Jack Ma- plus connus pour leur sens des affaires que pour leurs appétences philanthropiques. Au total, 18,5 millions d'euros ont été réunis pour soutenir le projet de la startup israëlienne. 

Techniquement, H2Pro s'efforce de mettre au point un dispositif de séparation de l'eau qui, selon la société, peut atteindre une efficacité de 95 % et coûte beaucoup moins cher qu'un électrolyseur. L'E-TAC, abréviation de Electrochemical,Thermally Activated Chemical, est similaire à l'électrolyse dans la mesure où il utilise l'électricité pour séparer l'eau en hydrogène et en oxygène. Cependant, contrairement à la fabrication par électrolyse classique, l'hydrogène et l'oxygène sont générés séparément dans des étapes différentes - une étape électrochimique (E) et une étape chimique activée thermiquement (TAC). Le découplage de la séparation de l'hydrogène et de l'oxygène en deux processus distincts réduit considérablement les dépenses d'investissement nécessaires au développement de la technologie, car il supprime la partie la plus chère et la plus délicate d'un électrolyseur, la membrane.



 

De l’hydrogène vert à moins de 1 €/kg

Les dispositifs E-TAC sont donc beaucoup plus simples et moins chers à fabriquer. En produisant l'hydrogène et l'oxygène en deux étapes consécutives, ils sont également beaucoup plus sûrs. Tout cela conduit H2Pro à affirmer qu'elle sera en mesure d'utiliser sa technologie E-TAC pour produire de l'hydrogène vert, pour moins d’un euro par kilogramme.

Les projets et technologies liés à l'hydrogène vert, ainsi que leur soutien financier, sont en plein essor. Rien qu'en Europe, au cours du mois dernier, deux grands projets d'hydrogène vert ont franchi des étapes importantes.

Le gouvernement danois a approuvé le projet de construction de deux îles énergétiques qui produiront non seulement 4 GW d'électricité, mais aussi de l'hydrogène vert destiné aux secteurs de la navigation, de l'aviation, de l'industrie et du transport lourd. Un mois plus tard, le géant allemand Thyssenkrupp a annoncé qu'il allait travailler avec la société énergétique allemande Steag sur une usine d'électrolyse de l'hydrogène de 500 MW destinée à alimenter la production d'acier. Même l’Arabie Saoudite, plus grand exportateur mondial de pétrole, a décidé de s’y mettre !