Déçu par l'électrique, ce transporteur mise sur le camion à hydrogène

Déçu par l'électrique, ce transporteur mise sur le camion à hydrogène
IMC, une des plus grosses entreprises américaines de transport de conteneurs, vient de passer commande de 50 poids lourds à pile à combustible à Nikola. Déçue de son utilisation pendant deux ans de camions électriques à batteries, elle a décidé de poursuivre la décarbonation de sa flotte en ayant recours à l’hydrogène.
 
Joël Henry, PDG de l'entreprise de IMC, est convaincu de la nécessité de décarboner les flottes de poids-lourds. C’est la raison pour laquelle, à titre expérimental, il avait commandé six camions électriques à batterie de classe 8 auprès de Volvo en septembre 2022 (et avait engagé l’installation d’un réseau conséquent de bornes de recharge).
 
Force pour lui est de constater que la solution est insatisfaisante. « Le principal défi avec les véhicules électriques à batterie est qu'un camion ne peut obtenir que quatre à six heures de productivité sur une période de 12 à 14 heures.  Cela n'est pas durable pour les entreprises de camionnage, qui, en comparaison, peuvent utiliser des tracteurs diesel environ 20 à 24 heures par jour » justifie l’entreprise.
 

Un passage à l'hydrogène qui n'est pas sans contraintes

Le transporteur a donc décidé de tester une nouvelle option, en s’engageant pour une commande de 50 camions Nikola à pile à combustible de près de 22 millions de dollars (20 millions d’euros). Choix de coeur, mais aussi de raison, la réglementation californienne (le siège d’IMC est à Los Angeles) exigeant, depuis le 1er janvier, que tous les nouveaux camions soient zéro émission.
 
Si Joël Henry met beaucoup d’espoir dans cette option et espère « des améliorations significatives en matière de réduction de poids, d'efficacité améliorée telles que le kilométrage par litre et le coût d'exploitation », il reste néanmoins très conscient des inconvénients liés à ce choix.
 
En effet, alors que les 20 premiers camions Nikola doivent être livrés avant la fin de ce trimestre, la problématique de l’infrastructure de distribution de l’hydrogène reste entière. « Il n'y a pas de stations-service publiques et nous ne pouvons pas non plus construire une station-service hydrogène permanente pour le ravitaillement de nos seuls camions. Nous allons donc devoir passer un contrat avec un fournisseur d'hydrogène pour livrer des camions-citernes d'hydrogène dans nos installations » explique l’entreprise.

Il y a deux ans, IMC avait fait l'acquisition d'une flotte de poids lourds électriques à batteries auprès de Volvo Trucks
 

Un ballon d’oxygène pour Nikola

Certes, Shell exploite actuellement trois stations de ravitaillement en Californie, dont une dans le port de Long Beach. Mais si IMC envisage d'utiliser cette station, une adaptation sera nécessaire car les camions Nikola doivent être ravitaillés à une pression spécifique de 700 bars.
 
Une chose est certaine, au-delà d’IMC, c’est surtout Nikola, en grande difficulté économique (l’entreprise a cumulé environ 2,9 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) de pertes au cours de ces dix dernières années), qui voit en cette nouvelle commande un ballon d’oxygène.
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