L'entreprise vient d'annoncer un partenariat avec le spécialiste canadien de l'imagerie gazière Cantronic Systems. Leur objectif : associer le drone à hydrogène H2-6 à la caméra REDEAGLE U340 pour détecter et quantifier les émissions de méthane au-dessus des infrastructures énergétiques. Une combinaison destinée à couvrir davantage de terrain en un seul vol, tout en réduisant les interruptions nécessaires au remplacement des batteries.


Quatre-vingt-dix minutes avec le capteur embarqué

Le H2-6 est un multirotor entièrement électrique, alimenté par une pile à combustible et conçu aux États-Unis. Son autonomie atteint environ 90 minutes en configuration nominale, soit près du triple d'une plateforme équivalente sur batterie selon le constructeur. Elle tombe à 60 minutes avec 4,5 kilogrammes embarqués. Le ravitaillement s'effectue par échange de bouteilles d'hydrogène.

Le contexte réglementaire porte ce marché. Au Texas, une recommandation de 2026 a facilité le passage des programmes de détection classiques vers l'imagerie gazière, et de nombreux opérateurs se sont engagés dans le cadre OGMP 2.0, qui exige des déclarations fondées sur des mesures réelles. Les deux partenaires mettent aussi en avant un argument qui n'a rien de technique : la conformité du H2-6 au NDAA, la loi américaine qui exclut certains fournisseurs étrangers des achats fédéraux.
 

Le dirigeable français HyLight sur un créneau similaire

Une entreprise française vise le même marché avec une réponse radicalement différente. HyLight, implantée à Brétigny-sur-Orge, développe le HyLighter, un drone-dirigeable de douze mètres combinant la portance de l'hélium et une propulsion électrique alimentée par une pile à hydrogène.

Les ordres de grandeur ne sont toutefois pas comparables. La société annonce jusqu'à dix heures de vol, une distance cible de 350 kilomètres et dix kilogrammes de capteurs embarqués. Soit près de sept fois l'endurance du H2-6 équipé de sa caméra, et plus du double de sa charge utile maximale. HyLight a levé récemment 13 millions d'euros et travaille avec des gestionnaires de réseaux français, dont NaTran qui teste déjà la solution pour la surveillance de ses réseaux.